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DIAL 3180

AMÉRIQUE LATINE - Le cri de Montesinos, hier et aujourd’hui

Víctor Codina

jeudi 12 janvier 2012, mis en ligne par Dial

Ce texte de Víctor Codina, prêtre jésuite et théologien a paru dans le numéro 786 de la revue Christus (Mexique) (octobre 2011). Il commémore les 500 ans du sermon de Montesinos, préparé par la communauté de frères dominicains de l’île caribéenne de La Española et prononcé le 21 décembre 1511 par le Frère Antonio de Montesinos devant les conquistadors et les notables espagnols de l’île.


Cela s’est passé il y a 500 ans.

En décembre 1510, une petite communauté de frères dominicains débarque sur l’île caribéenne de La Española (aujourd’hui territoire de la République dominicaine et d’Haïti). Cette communauté missionnaire, avec Pedro de Córdoba à sa tête, venait du couvent de San Estéban de Salamanque, un des couvents les plus connus et les plus ouverts de l’Ordre dominicain.

C’est une communauté pauvre et qui veut annoncer la Parole à partir de son contexte d’insertion dans la réalité de la conquête espagnole : cela faisait 19 ans que les habitants des Indes occidentales, comme on les appelait alors, subissaient l’exploitation et les mauvais traitements, car les conquistadors voulaient uniquement l’or et devenir riches au prix du sang des Indiens qu’ils traitaient comme des animaux.

La communauté analyse les faits, examine à la lumière de l’évangile l’inhumaine oppression dont souffrent les Indiens, se met de leur côté et, consciente de la gravité de la situation, décide de la dénoncer publiquement devant les conquistadors et les notables espagnols, parmi lesquels se trouvait l’amiral Diego Colomb, le fils de Christophe Colomb. Tous les membres de la communauté élaborent ensemble le sermon et confient la charge de le prononcer à Frère Antonio de Montesinos, qui était bon prédicateur. Ils choisissent la date du quatrième dimanche de l’Avent et prennent comme point de départ la phrase de Jean-Baptiste : « Je suis la voix qui crie dans le désert ».

Le texte de ce discours prophétique, prononcé le 21 décembre 1511, nous le connaissons grâce à Bartolomé de Las Casas, alors prêtre et encomendero [1], qui était présent dans l’église :

« Cette voix, déclara-t-il, dit que vous êtes tous en état de péché mortel, vous y vivez et vous y mourrez, en raison de la cruauté et de la tyrannie dont vous usez à l’égard de ces gens innocents. Dites-moi, de quel droit, au nom de quelle justice, maintenez-vous en si cruelle et horrible servitude ces Indiens ? Au nom de quelle autorité avez-vous fait des guerres si détestables à ces gens qui vivaient doux et pacifiques sur leurs terres, où vous avez commis tant de meurtres et de ravages inouïs qu’un nombre incalculable d’entre eux a disparu. Comment pouvez-vous les maintenir dans une oppression et un épuisement pareils, sans leur donner à manger ni soigner leurs maladies qui dérivent des travaux excessifs que vous leur imposez, et dont ils meurent ? Pour parler plus clairement, vous les tuez, pour extraire et acquérir chaque jour de l’or. En outre, quel souci avez-vous de leur faire donner l’enseignement de la bonne doctrine, afin qu’ils connaissent leur Dieu et créateur, qu’ils soient baptisés, entendent la messe, et observent les fêtes et dimanches ? Eux aussi, ne sont-ils pas des hommes ? Ne possèdent-ils pas âme et raison ? N’êtes-vous pas tenus de les aimer comme vous-mêmes ? Ne comprenez-vous pas cela ? Comment restez-vous endormis dans un sommeil si profond et si léthargique ? Tenez-le pour certain, dans l’état où vous êtes, vous ne pouvez pas plus gagner votre salut que les Maures ou les Turcs qui manquent ou ne veulent pas de la foi dans le Christ » [2].

Le sermon eut un grand impact, « il les laissa abasourdis, beaucoup comme privés de réaction, d’autres plus endurcis encore et quelques-uns comme contrits, mais aucun, à ce que j’ai compris, ne fut converti », note le chroniqueur. Diego Colomb et les notables sortirent indignés et décidèrent de réprimander le prédicateur pour cette doctrine nouvelle et scandaleuse, qui allait contre le roi, lequel autorisait les conquistadors à avoir à leur service des Indiens sur les encomiendas. Ils exigeaient une rétractation publique.

Bartolomé de Las Casas aussi s’indigna de ce sermon qui attaquait directement sa situation d’encomendero. Ce fut seulement des années plus tard, en réfléchissant sur des textes de l’Ecclésiastique (4,1-6 ; 34,18-22) qui affirment que Yahvé n’accepte pas les offrandes souillées de sang, que Las Casas changea de cap : il entra dans l’Ordre dominicain et, nommé évêque du Chiapas, il devint le grand défenseur des Indiens.

Le dimanche suivant, Montesinos remonta en chaire, mais au lieu de se rétracter, il déclara que, dorénavant, les Frères ne confesseraient plus les Espagnols, ni leur donneraient l’absolution ; il ajouta même que ces derniers pouvaient se plaindre à qui ils voudraient, eux continueraient à prêcher l’Évangile [3].

La nouvelle parvient à la cour d’Espagne, le supérieur Pedro de Córdoba est appelé pour s’expliquer devant le roi Ferdinand le Catholique de Castille ; le provincial des Dominicains lui-même, Alonso de Loaysa, se met du côté du Roi et du gouverneur de La Española : il se fâche, reprend ses Frères pour leur prédication si scandaleuse et préjudiciable à leur ordre. Sans doute se sont-ils laissé tromper par le démon et il leur enjoint de ne pas continuer ce type de prédications, sous peine de tomber en péché grave et d’encourir l’excommunication.

Cette dénonciation prophétique est naturellement conflictuelle non seulement pour la Couronne mais aussi pour l’Église. Toute dénonciation prophétique implique un prix à payer. Il est arrivé la même chose à Jésus de Nazareth quand il a proclamé son programme messianique d’évangéliser les pauvres en pleine synagogue de Nazareth : on a voulu le jeter dans le vide (Lc 4, 16-30).

En réalité, comme l’affirme Gustavo Gutiérrez, aussi bien Diego Colomb que le roi et même Loaysa ne se sont pas trompés dans leur jugement, car ils se sont rendu compte que le cri de Montesinos non seulement remettait en question la manière de traiter les Indiens mais aussi attaquait à la racine la conquête elle-même et l’injuste système colonial hispanique [4]. Depuis ce sermon de Montesinos de 1511 se sont écoulés maintenant 500 ans.

Mais le cri de Montesinos, bien qu’il fût le premier cri libertaire de l’Amérique latine, ne fut pas le seul. Puebla nous le rappelle dans un texte connu :

« D’intrépides lutteurs pour la justice, des évangélisateurs de la paix comme Antonio de Montesinos, Bartolomé de Las Casas, Juan de Zumárraga, Vasco de Quiroga, Juan del Valle, Julián Garcés, José de Anchieta, Manuel Nóbrega et tant d’autres qui défendirent les Indiens devant les conquistadors et les encomenderos, parfois même jusqu’à la mort, comme l’évêque Antonio Valdivieso, montrent par des faits évidents comment l’Église promeut la dignité et la liberté de l’homme latino-américain » [5].

Lignes de force du sermon de Montesinos

Ce qui attire peut-être l’attention, c’est que Montesinos commence à argumenter à partir de ce que nous appellerions aujourd’hui les droits humains : « de quel droit et avec quelle justice », « au nom de quelle autorité », « comment pouvez-vous les maintenir dans une oppression et un épuisement pareils ? », « ceux-ci ne sont-ils pas des hommes ? », « ne possèdent-ils pas âme et raison ? ». Sans doute l’école dominicaine de Salamanque d’où venaient ces missionnaires et où il y avait de grands penseurs thomistes comme Soto et Vitoria, a-t-elle influé sur cette vision anthropologique primordiale. Avant d’invoquer des valeurs évangéliques, ils font appel au sentiment humain, à l’humanité, à l’honnêteté envers le réel, au respect des êtres humains, à un minimum de sentiment de compassion face à la souffrance de l’autre. La question sur Dieu est avant tout une question sur la réalité.

Cela suppose que la communauté dominicaine était proche du monde des Indiens, qui l’amenait à considérer l’histoire en partant du bas, de l’envers, de ceux qui souffrent de ses conséquences ; cela conduisit les Frères à assumer ce qu’aujourd’hui on appelle l’option pour les pauvres. Avant les intérêts et les prétendus droits des conquistadors, il y a la souffrance des Indiens.

Montesinos commence par faire mémoire de ces souffrances, mémoire de la passion du peuple, « memoria passionis » (J. B. Metz). Les colonisateurs ont agressé violemment l’avoir, le savoir et l’être des Indiens ; ce fut « un contexte d’invasion injuste, non seulement d’un territoire et de ses ressources, mais aussi de ses plus secrètes identités ; de violation et de négation des visions du cosmos et des sagesses de vie, des secrets et des initiatives » [6]. Il n’est pas possible de rester impassibles ni neutres devant la souffrance, les Frères ne peuvent passer au loin, comme le prêtre et le lévite de la parabole du Bon Samaritain (Lc 10, 25-35). Dans la souffrance des Indiens, ils contemplent et expérimentent la souffrance du Seigneur (Mt 25, 31-45).

À partir de là, jaillit la dénonciation de l’idéologie de la conquête qui, théoriquement, se justifie par la possibilité d’évangéliser ces peuples, mais qui, en réalité, est devenue « extraire et acquérir chaque jour de l’or » et, pour cela, « vous les tuez ». De cette tromperie, de ce « sommeil léthargique dans lequel ils sont endormis », participe le fait qu’ils ne se préoccupent absolument pas du bien spirituel des Indiens, de leur évangélisation, baptême, célébration des dimanches et fêtes...

C’est seulement après qu’est invoqué le principe chrétien, l’obligation de les aimer comme soi-même, une maxime évangélique que les conquistadors connaissent sûrement par leur tradition culturelle chrétienne.

La conséquence de tout cela est que les conquistadors sont en état de péché mortel, dont ils ne pourront se sauver tant qu’ils persisteront dans leur attitude abusive et dans la pratique des encomiendas. Et il leur expose l’exemple des Maures et des Turcs qui n’ont pas la foi, et, selon la vision théologique de l’époque, ne peuvent être sauvés : eux non plus ne seront pas sauvés. Par conséquent, tant qu’il n’y aura pas une conversion profonde, on ne pourra ni les confesser ni leur donner l’absolution de leurs péchés. Sans doute ces mots durs ont-ils dû secouer les auditeurs, car ils n’étaient pas habitués à une sévérité si tranchée.

Actualité du sermon de Montesinos

500 ans ont passé, le contexte historique, culturel, économique et politique de l’Amérique latine a changé. Mais depuis l’Amérique latine arrive toujours jusqu’au ciel la clameur des Indiens, des Afro-Américains, des paysans, des femmes, des mineurs, des enfants, des vieillards qui demandent justice, dignité, santé, travail, éducation, liberté, respect de leurs cultures, le droit à la terre et au territoire, la possibilité de « vivre bien », une vie digne d’êtres humains.

Désormais ce n’est plus l’empire hispano-portugais, ce sont les multinationales, les structures économiques néolibérales, les intérêts du marché, les nouveaux pouvoirs mondiaux, qui créent les différences abyssales entre les riches toujours plus riches et les pauvres toujours plus pauvres, lesquels sont maintenant des masses rejetées, insignifiantes, méprisables : voilà les effets collatéraux d’une économie terriblement injuste, mais qui se considère comme politiquement correcte [7]. Les nouveaux conquistadors ne sont pas émus par la souffrance du peuple, ni par la destruction de l’écologie, ni par l’asservissement des cultures. Ils sont toujours « endormis dans un sommeil léthargique ».

Ces dernières années aussi ont surgi des voix prophétiques, de vrais défenseurs des Indiens, des Saints Pères de l’Amérique latine, comme Proaño, Méndez Arceo, Laguna, Samuel Ruiz, Helder Camara, Lorscheider, Pironio, Silva Henríquez, Romero, Angelelli... ; les documents de Medellín et Puebla, la théologie de la libération, les communautés de base, la vie religieuse insérée parmi les pauvres sous les auspices de la CLAR [Confédération latino-Américaine des religieux]... Il y a eu aussi en retour les réactions de l’empire ; il y a eu des martyrs dans tous les secteurs de l’Église, depuis des évêques, des prêtres, des religieux et religieuses, jusqu’à des paysans, des catéchistes, des Indiens, des femmes et des enfants, des gens du peuple... Les successeurs de Ferdinand le Catholique, le « système », n’admet ni critiques ni questionnements ; jamais il ne pardonne ni oublie. La passion de Jésus est toujours présente et d’actualité chez le peuple souffrant, chez « les crucifiés de l’histoire ».

Mais le plus douloureux a été que, de la part des instances ecclésiales aussi, il y a eu incompréhensions, critiques, condamnations et disqualifications visant évêques, théologiens, communautés de base, vie religieuse insérée, la CLAR ; on a freiné les ministères des diacres indiens... Ce sont les héritiers d’Alonso de Loaysa : pendant qu’ils condamnaient ces voix prophétiques, les taxant de matérialistes et communistes, de subversives, peu chrétiennes et peu ecclésiales, de vouloir faire une Église populaire, une Église parallèle du peuple, opposée à l’Église hiérarchique... ils ne voyaient pas d’inconvénients à ce que communient des dictateurs, se multiplient les mouvements spiritualistes, prospèrent des théologies néoconservatrices comme celle de Michael Novak, lequel compare le capitalisme au Serviteur de Yahvé, méprisé de tous et pourtant le seul qui sauve et libère (Is. 53). Tandis qu’un nonce italien jouait élégamment au tennis le week-end avec le dictateur argentin, des milliers de citoyens étaient torturés et disparaissaient à Buenos-Aires...

Le sermon de Montesinos est toujours actuel pour la société et l’Église d’aujourd’hui

Un film espagnol récent, Même la pluie, de la réalisatrice Iciar Bollaín, veut représenter tout cela. Le scénario du film qui doit être tourné [8] met en scène la conquête de l’Amérique et l’oppression des Indiens, avec la présence de Colomb, mais aussi la voix de Montesinos qui proteste : « ceux-ci ne sont-ils pas des hommes ? ». Mais le tournage de ce film a lieu à Cochabamba (Bolivie) et coïncide avec la guerre de l’eau de 2005, lorsque les habitants de cette ville se soulevèrent contre la multinationale propriétaire de l’eau, qui voulait augmenter son prix. La police au service de la multinationale réprime les manifestants, de sorte que se reproduit l’oppression des conquistadors sur les Indiens. Le tournage doit être interrompu, les acteurs frustrés retournent en Espagne sans pouvoir achever leur travail. Mais ce qui est mis en évidence, c’est la réalité cruelle du peuple qui continue de nos jours à souffrir de l’oppression. Naturellement, ce film excellent sous de multiples aspects, n’a pas été sélectionné pour les Oscars... Il n’est pas politiquement correct de rappeler que l’oppression continue aujourd’hui. Il est préférable de rester « endormis dans un sommeil léthargique »...

Quelque chose de nouveau est en train de naître

L’histoire jamais ne se répète, le contexte politique, social et ecclésial a profondément changé, non seulement depuis Montesinos mais aussi depuis la fin du XXe siècle. Il suffit de quelques coups de pinceaux impressionnistes.

Nous vivons dans un monde postmarxiste et postmoderne. En Amérique latine, nous ne sommes plus dans les années 80, les dictatures ont cédé le pas à des démocraties, quelques gouvernements de tendance populaire surgissent, qui, au milieu de mille contradictions et ambiguïtés, cherchent à retourner la situation de pauvreté et de discrimination du peuple. Le continent oublié d’aujourd’hui, c’est l’Afrique, qui commence aussi à s’éveiller.

Dans le monde globalisé d’aujourd’hui, émerge une grande crise économique, énergétique, écologique et de civilisation. Le mur de Berlin est tombé, mais les tours jumelles de New York aussi. Le modèle économique actuel fait naufrage, malgré ses continuelles remises à flot. Les désastres écologiques sont des signaux d’alerte rouge. Tchernobyl et Fukushima symbolisent la crise énergétique et les dangers de vouloir être des apprentis sorciers. Nous nous trouvons à un changement d’époque, de paradigme, les tremblements de terre et les tsunamis ne sont pas seulement des désastres telluriques, mais ils symbolisent aussi toute une civilisation moderne et technique, orgueilleuse de son progrès.

Au niveau ecclésial aussi, il y a des tremblements de terre et des tsunamis. Depuis les derniers pontificats nettement caractérisés par leur volonté de restauration et malgré les grands rassemblements de masses religieux et les shows médiatiques qui semblent suggérer que tout est normal, la barque de Pierre est secouée par une crise jamais vue depuis la Réforme. Les scandales sexuels ne sont que la pointe de l’iceberg d’une profonde crise, il y a comme une odeur de pourri. La chrétienté a explosé, même si son agonie promet d’être longue. Des jeunes et des femmes abandonnent silencieusement l’Église. En Amérique latine les représentants officiels de l’Église ne sont plus, comme au temps de Montesinos, la voix des sans-voix, car les pauvres et les Indiens ont désormais leur voix propre. Beaucoup pensent que la théologie de la libération est bien morte. Rome est maintenant préoccupée surtout par la théologie asiatique du dialogue interreligieux.

Au milieu de cette chaotique situation mondiale et ecclésiale, au milieu de cette crise, dans cette nuit obscure, il y a des signes apocalyptiques que quelque chose de nouveau est en train de naître, il y a des êtres nouveaux qui émergent au sein de la société et de l’Église : des jeunes, des pauvres, des Indiens et des Afros, des femmes. On entend crier qu’un « autre monde est possible », également « qu’une autre Église est possible ».

Comme aux origines de la création, au milieu de la nuit et du chaos régnant, l’Esprit engendre la vie (Gn. 1,2) et fait naître un monde nouveau, différent. Ce chaos annonce les douleurs de l’enfantement de la création (Rm. 8,20), les sentinelles aperçoivent les amandiers qui commencent à fleurir au cœur de l’hiver mondial et ecclésial. L’Esprit du Seigneur est en action, ces signes de mort sont le prélude de la résurrection, la pierre du sépulcre que l’on commence à rouler, les femmes sont les premières à s’en rendre compte et à croire en la résurrection [9].

Dans ce nouveau contexte, le cri de Montesinos résonne encore et encore : « Comment restez-vous endormis dans un sommeil si profond et si léthargique ? Tenez-le pour certain, dans l’état où vous êtes, vous ne pouvez pas gagner votre salut ». Il est nécessaire de changer de cap, de nous réveiller, de prendre conscience que quelque chose de nouveau est en train de naître (Is. 43,19), car, aujourd’hui comme hier, le Seigneur veut faire toutes choses nouvelles (Apoc. 21,5). En Amérique latine nous sommes encore au temps de l’Avent...


- Dial – Diffusion de l’information sur l’Amérique latine – D 3180.
- Traduction de Sylvette Liens pour Dial.
- Source (espagnol) : revue Christus (Mexique), n° 786, octobre 2011, p. 18-21.

En cas de reproduction, mentionner au moins l’auteur, la traductrice, la source française (Dial - http://enligne.dial-infos.org) et l’adresse internet de l’article.

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[1« L’encomienda était un système appliqué par les Espagnols lors de la conquête du Nouveau Monde, et appliqué dans tout l’empire colonial espagnol à des fins économiques et d’évangélisation. C’était le regroupement sur un territoire de centaines d’Indiens que l’on obligeait à travailler sans rétribution dans des mines et des champs […]. Ils étaient sous les ordres de l’encomendero, un Espagnol à qui la Couronne d’Espagne les avait confiés ; dans la pratique ils disposaient librement des terres des Indiens, bien qu’elles appartiennent toujours à la couronne » (Wikipedia, article Encomienda) – note DIAL.

[2Bartolomé de Las Casas, Historia de las Indias, Livre III, chap. 4.

[3Víctor Codina, « Opción por los pobres en la Cristiandad colonial », dans De la modernidad a la solidaridad, Lima, 1984, p. 259-282 ; Víctor Codina, Noé Zevallos, Vida religiosa. Historia y teología, Madrid, 1987, p. 76-81.

[4Gustavo Gutiérrez, En busca de los pobres de Jesucristo. El pensamiento de Bartolomé de Las Casas, Lima, 1992, p. 58.

[5Puebla, p. 8.

[6Antonieta Potente, « Eco de un sermón : entre arquetipo y realidad. Otro diálogo es posible », Yachay (Cochabamba), n° 53, 28 (2011), p. 47-58. Citation p. 50.

[7Aparecida, p. 65.

[8Il s’agit du film dont le tournage est représenté dans Même la pluie – note DIAL.

[9J. Moingt, « Les femmes et l’avenir de l’Église », Études (Paris), janvier 2011, p. 67-76, qui conclut par cette prédiction prophétique : « La femme est et sera l’avenir de l’Église ».

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