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BRÉSIL - 1100 paysannes sans terre occupent l’entreprise Suzano papier cellulose

MST

lundi 5 mars 2012, mis en ligne par Thierry Deronne

Plus de 1100 femmes paysannes venues des campements et des unités productives du Mouvement des sans terre du sud de l’État de Bahia (Brésil) ont occupé l’hacienda Esperança, située dans la municipalité de Alcobaça, propriété de l’entreprise de Sao Paulo Suzano Papier Cellulose, ce jeudi matin (1er mars 2012).

Cette occupation fait partie des journées de lutte des paysannes organisées par la Via Campesina du Brésil dans le cadre de la prochaine Journée internationale de la femme du 8 mars. L’objectif est d’exiger de l’Institut National de la Colonisation et de la Réforme Agraire (Incra) qu’il mette en œuvre le processus d’expropriation de ces grands domaines (latifundios) voués à la monoculture de l’eucalyptus.

Le Groupe Suzano, présent dans divers secteurs économiques, contrôle 771 mille hectares, dont 326 mille pour la monoculture de l’eucalyptus, concentrés dans les états de Bahia, Espírito Santo, São Paulo, Minas Gerais, Maranhão, Tocantins et Piauí. Ce modèle de production accélère la déforestation de la Mata Atlântica en violation des directives du Code Forestier actuel qui obligent à préserver la Réserve Légale et les Zones de Préservation Permanente, les ZPP.

Les 23 000 familles de sans-terre qui campent dans le sud de Bahia ont tout le droit de s’installer sur ces terres pour y produire des aliments, les entreprises du papier n’assurant pas la fonction sociale de la terre exigée la Constitution brésilienne.

Les femmes dénoncent en outre la priorité donnée par l’État brésilien au modèle de l’agrobusiness, les transferts de banques publiques en faveur d’entreprises de l’eucalyptus et elles exigent des investissements du gouvernement de cet état ainsi que du gouvernement fédéral en faveur des unités de production agricole régionales.

Par cette occupation les femmes se mobilisent pour dénoncer les dégâts sociaux et environnementaux causés par les entreprises de monoculture de l’eucalyptus dans la région, ainsi que l’augmentation de la pauvreté et de l’inégalité sociale que provoque l’expulsion des familles rurales. L’exode rural mène à l’explosion démographique des grands centres urbains, où la population ne jouit d’aucune garantie de droits sociaux et devient la victime de l’augmentation de la violence. La région du Sud de Bahia est considérée comme une des plus violentes du Brésil.

Cette occupation par des femmes travailleuses rurales sans terre est la deuxième dans cette zone de plantation d’eucalyptus, située dans l’extrême sud de Bahia. La première a eu lieu le 28 mars 2011, dans la municipalité d’Eunápolis, sur les terres de l’hacienda Nova América, propriété de Veracel.

Veracel est un oligopole transnational créé par le partenariat de deux entreprises leaders dans le secteur de la cellulose et du papier, la brésilienne Fibria et la suédoise-finlandaise Stora Enso. Cette entreprise contrôle 119.000 hectares de terre dans les municipalités d’Eunápolis, Canavieiras, Belmonte, Guaratinga, Itabela, Itagimirim, Itapebi, Mascote, Porto Seguro et Santa Cruz Cabrália.

L’an passé plusieurs occupations des terres de ces entreprises ont été organisées par le Mouvement des travailleurs sans terre afin de faire pression pour qu’elles soient transformées en unités de production agricoles.


Source (texte et photos) : http://www.mst.org.br/Mulheres-camponesas-ocupam-fazenda-da-Suzano-Papel-e-Celulose-no-sul-da-Bahia

Traduction de Thierry Deronne.

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