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DIAL 2709

AMÉRIQUE LATINE - Perspectives économiques

lundi 1er mars 2004, mis en ligne par Dial

Les taux de croissance prévus en Amérique latine pour 2004 par la CEPAL (Commission économique pour l’Amérique latine) sont supérieurs à ceux de 2003. Faut-il en conclure qu’il y aura embellie ? Légèrement au niveau des grands équilibres macro-économiques, mais les prévisions ne sont guère encourageantes en matière de recul de la pauvreté et du chômage. Article paru dans Noticias Aliadas, janvier 2004.


L’économie de l’Amérique latine a progressé de 1,5% l’an dernier selon la Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes (CEPAL). Cependant, cette reprise par rapport à 2002 (0,4%) n’est pas suffisante pour rattraper la stagnation de ces dernières années.

La pauvreté continue de toucher plus de 44% des 524 millions de Latino-Américains alors que 10,7% de la population active est sans emploi, a signalé la CEPAL dans son Bilan préliminaire des économies d’Amérique latine en 2003, paru à la fin de l’année dernière.

Renato Baumann, directeur de la CEPAL au Brésil, explique que pour créer de l’emploi, la région doit avoir un taux de croissance d’au moins 4% pendant huit années consécutives.

« En Amérique latine, on est à des années-lumière de cela. La croissance est de 1% par an depuis plusieurs années », a dit Baumann dans des déclarations recueillies par Pulso Latinoamericano, rapport mensuel élaboré par un réseau de quotidiens de la région.

Pour Baumann, il est nécessaire que les pays latino-américains accordent de l’importance à « leur équilibre fiscal et aient une politique de change plus active, qui améliore les exportations », cela pour atteindre un développement substantiel.

L’Argentine a présenté une reprise marquée de son économie, avec 7,3%, après sa régression de 10,8% en 2002. Alors que le Chili, le Costa Rica, la Colombie et le Pérou ont progressé à des taux supérieurs à 3%, le Brésil a connu une croissance minima de 0,1%. Le Venezuela a régressé de 9,5%, chiffre identique à celui de 2002.

La CEPAL soutient qu’un aspect essentiel est « la consolidation interne accomplie par les pays après des années de turbulence, lesquels pays, dans leur majorité, commencent à avoir des politiques fiscales et monétaires sous contrôle, et des taux de change plus compétitifs. Les économies qui ont connu des crises profondes, comme l’Argentine et le Brésil, ont déjà entamé leur reprise ».

Les projections de l’entreprise consultante brésilienne Global Invest – avec des chiffres provenant du Fond monétaire international – indiquent que le Brésil doit progresser de 4,1% en 2004, ce qui bénéficiera aux pays de la région, principalement à l’Argentine, son principal partenaire commercial. « L’industrie brésilienne va redémarrer en utilisant davantage ses ressources productives non utilisées grâce à l’augmentation de la consommation interne, et le secteur doit recevoir de nouveaux investisseurs, nationaux et étrangers », affirme Silvia Domit, analyste international de Global Invest. Selon S. Domit, le Brésil va attirer les investissements extérieurs pour environ 13 milliards de dollars en 2004, contre à peine 8,1 milliards l’an dernier. Carlos Langoni, directeur du Centre d’économie mondial de la Fondation Getulio Vargas, au Brésil, confirme que le Brésil va connaître un important boom économique en 2004, qui dynamisera la croissance de l’Amérique latine.
« L’industrie va tirer la croissance brésilienne l’an prochain, avec un taux supérieur à 4%, dit Langoni. L’agriculture connaîtra une avancée de 4%, mais le secteur des services se développera à un rythme plus lent, désavantagé par les bas salaires des travailleurs. »

En Argentine, on ne voit plus, comme en 2002, de longues files de gens devant les consulats européens, qui cherchent à émigrer, ni d’épargnants désespérés assiégeant les maisons de change pour essayer d’acheter des dollars. Les sept premiers mois de gestion du président Nestor Kirchner, qui prit sa charge le 25 mai, ont apporté la stabilité à l’économie argentine.

De l’autre côté, se trouve le Venezuela dont le marasme politique a débouché sur une récession de l’économie, alors qu’une grève de deux mois débutée fin 2002 a failli se terminer par l’effondrement de la principale source de devises du pays, l’industrie pétrolière.

Pour 2004, la CEPAL prévoit une progression de 3,5% et signale que ces perspectives positives correspondent à un scénario extérieur assez favorable. « La chute des risques majeurs après des niveaux critiques atteints en septembre-octobre 2002, l’amélioration des prix des matières premières, le regain du tourisme et la croissance naissante des exportations non pétrolières vers les Etats-Unis constituent les principaux stimuli positifs provenant de l’économie internationale », soutient la CEPAL.

Mais d’après la CEPAL, un élément inquiétant est l’augmentation de la dette extérieure brute de l’Amérique latine et des Caraïbes, qui en décembre passé atteignait 744 milliards de dollars, représentant une augmentation de 2,4% par rapport à 2002.

« Si l’augmentation de la dette extérieure a pu être gérée à court terme grâce au faible niveau des taux d’intérêt internationaux, il est important de se rappeler que l’importance du solde de la dette est un facteur structurel préoccupant et que les difficultés pour le contrôler augmentent dans la mesure où les taux d’intérêts internationaux et les primes de risque s’élèvent dans le futur », précise la CEPAL.Cette institution estime qu’on prévoit une plus grande croissance « dans les pays qui ont réussi à concilier un meilleure gouvernabilité économique avec une meilleure gouvernabilité politique, et une plus faible croissance dans les pays ayant une plus forte vulnérabilité politique intérieure ».


Les taux de croissance :

 

2003 (estimation)

2004 (projection)

Venezuela

-9,5

7,0

Argentine

7,3

4,5

Chili

3,2

4,5

Costa Rica

5,6

4,5

Equateur

2,0

4,0

Uruguay

1,0

4,0

Pérou

4,0

3,5

Brésil

0,1

3,3

Colombie

3,4

3,0

Panama

3,0

3,0

Mexique

1,2

2,8

Bolivie

2,5

2,5

El Salvador

2,0

2,5

Guatemala

2,4

2,5

Honduras

3,0

2,5

Nicaragua

2,3

2,5

Paraguay

2,5

2,5

Haïti

0,7

1,0

Rep. Dominicaine

-1,3

0,0


- Dial – Diffusion d’information sur l’Amérique latine – D 2709.
- Traduction Dial.
- Source (espagnol) : Noticias Aliadas, janvier 2004.

En cas de reproduction, mentionner au moins l’auteur, la source française (Dial) et l’adresse internet de l’article.

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